Pourquoi mon enfant ne veut pas dormir ?
Tu es fatigué(e).
Les soirées s’étirent… encore.
Tu regardes l’heure, tu négocies une autre histoire, un autre verre d’eau… et tu te demandes : “Pourquoi c’est si compliqué ?”
C’est un défi très fréquent, vécu par un grand nombre de parents. D’abord parce que ça fait partie des petits challenges normaux de la petite enfance. Le sommeil, les routines du soir, les peurs… tout ça évolue énormément à cet âge-là.
Et ensuite, parce que (souvent sans même s’en rendre compte) quand ces difficultés apparaissent, on a tendance à réagir du mieux qu’on peut… mais pas toujours de la façon la plus aidante.
Résultat : au lieu de s’apaiser, la situation peut parfois se maintenir dans le temps. Et ce qui aurait pu être une phase transitoire devient, pour certains enfants, un pattern qui s’installe pendant plusieurs semaines… voire plusieurs mois, et dans certains cas, plus longtemps encore.
Si tu te reconnais là-dedans, j’ai envie de te dire quelque chose d’important : tu n’es pas seul(e)… et non, ce n’est pas “juste une phase” qu’il faut subir en serrant les dents.
Il y a des raisons derrière ces difficultés. Et surtout, il y a des façons d’y répondre.
Je suis Jessica Rousseau, éducatrice spécialisée et coach parental, et j’accompagne en téléconsultation des parents qui, comme toi, veulent retrouver des soirées plus douces… sans entrer dans des luttes interminables.
Comprendre vraiment le sommeil de ton enfant
Le sommeil, chez l’enfant, ce n’est pas juste “être fatigué = s’endormir”.
D’ailleurs, petite parenthèse importante ici.
Ça peut sembler contradictoire dit comme ça… mais pour bien dormir, il faut quand même se sentir assez en forme.
Parce que la sur-fatigue peut aussi nuire à l’endormissement. Et ça, c’est vrai autant chez le bébé, l’enfant que chez nous, les parents.
Plus on est épuisé, plus on est moins bien dans son corps et dans sa tête. On se sent à bout, irritable, stressé. Le corps est tendu, la tête est pleine de pensées qui tournent en boucle… et dans cet état-là, le système de régulation est moins efficace.
👉 Et quand on est dans cette zone-là, s’endormir sereinement devient souvent plus difficile.
Pour bien dormir, ça prend ce que j’appelle de la “bonne fatigue”.
Autrement dit : une journée où il y a eu du mouvement, de la lumière naturelle, des moments actifs… mais aussi globalement de belles interactions. Une journée où on se sent bien dans son corps, un peu “rempli” positivement.
Et ensuite… on se couche au bon moment. 😉
Ce qui veut dire concrètement…
👉 Ton enfant peut être épuisé… et quand même résister au dodo.
Pas par opposition. Pas pour te tester.
Mais parce que quelque chose, dans son corps ou dans sa tête, l’en empêche.
Ce qui peut compliquer l’endormissement (et qu’on sous-estime souvent)
👉 Entre 3 et 6 ans, il se passe énormément de choses : le cerveau est en plein développement, les émotions prennent beaucoup de place, l’imaginaire est très actif, et le besoin de sécurité reste encore très fort.
On pense souvent que “c’est comportemental”.
Mais dans la vraie vie, c’est rarement aussi simple.
C’est plutôt un ensemble de petits facteurs qui, mis ensemble, viennent brouiller le moment du coucher.
Les facteurs physiques
On pense moins souvent à des besoins très concrets… et pourtant, même nous les adultes, ce sont souvent ces raisons qui nous réveillent la nuit.
Par exemple, le confort physique de l’enfant au moment du coucher peut jouer un rôle beaucoup plus important qu’on le croit.
Il peut avoir trop chaud ou trop froid, selon la température de la pièce, la saison, ou simplement le type de pyjama ou de couverture utilisé. Et parfois, ce n’est pas tant le choix au départ… mais ce qui se passe ensuite : un enfant qui bouge beaucoup, qui se découvre pendant la nuit, ou au contraire qui se retrouve emmêlé dans ses couvertures peut rapidement devenir inconfortable.
Il y a aussi tout ce qui touche aux petits inconforts du corps : un bobo, des démangeaisons, de l’eczéma, une piqûre de moustique, ou encore des réactions allergiques qui semblent légères… mais qui deviennent très présentes dans le calme du soir.
À cela peuvent s’ajouter une digestion plus difficile, des reflux, un ventre qui a faim, une toux sèche, un nez bouché… autant de petits éléments qui paraissent mineurs dans la journée, mais qui prennent beaucoup plus de place au moment du coucher ou pendant la nuit.
Et puis, il y a un facteur très fréquent : l’envie de pipi.
Un enfant qui boit beaucoup juste avant le coucher — le fameux lait ou un grand verre d’eau — peut simplement se réveiller parce que son corps en a besoin. Et pour ceux qui commencent l’apprentissage de la propreté, ou même pour certains qui dorment encore en couche, un inconfort lié à un gros pipi peut aussi suffire à perturber le sommeil.
Les facteurs émotionnels
Le volet affectif est très important dans la manière dont va se dérouler la période d’endormissement.
Parce que, dans la vraie vie, le moment du coucher est souvent la suite logique de la journée… ou de la soirée de l’enfant.
Une soirée plus difficile, plus tendue ou moins riche sur le plan affectif… amène souvent un dodo plus compliqué.
C’est pourquoi un bon déroulement au coucher ne commence pas dans le lit, mais bien avant, dès la fin de l’après-midi, quand on retrouve notre enfant.
Le soir, quelque chose change. Tout ralentit… et ce qui était en arrière-plan dans la journée prend soudain plus de place.
Un élément clé ici, c’est le besoin de connexion. Un enfant qui a vécu surtout des rappels, des consignes, des tensions (et moins de moments de jeu, de plaisir ou de proximité) peut arriver au coucher avec un besoin encore actif de lien.
Et souvent, ça ne se dit pas clairement.
Ça se vit : il étire le moment, rappelle, demande, cherche la présence.
Il y a aussi les peurs du soir : le noir, les monstres, la solitude… ou simplement le fait d’être seul quand tout devient silencieux.
Ajoute à ça les petites nouveautés du quotidien — même anodines pour nous — et l’anticipation. Parfois agréable (“j’ai hâte !”), parfois plus chargée.
👉 Résultat : le corps est fatigué… mais la tête, elle, reste en mouvement.
Ces petites questions qui empêchent de décrocher
C’est souvent là que ça se manifeste le plus.
Les questions arrivent, juste avant le dodo :
“Qu’est-ce que je mange à l’école demain ?”
“C’est qui mon éducatrice demain ?”
Et parfois, on ne répond plus vraiment à l’enfant, ou on finit par répondre : “Je ne sais pas.” soit parce qu’on n’a pas la réponse, soit parce qu’on est fatigué(e) et qu’on veut simplement en terminer avec la série de questions…
Pour nous, c’est anodin.
Mais pour l’enfant, ça peut créer un flou inconfortable.
Alors il repose la question. Encore. Et encore.
Pas pour étirer le moment (même si parfois, ça peut aussi être le cas)… mais parce que la réponse reste floue, pas assez claire ni suffisamment rassurante pour lui.
👉 Un enfant qui se couche avec trop d’incertitudes… reste mentalement actif.
Les habitudes de vie (souvent au cœur de tout)
C’est souvent ici que plusieurs petits ajustements peuvent faire une grande différence.
On parle de manque de constance, de limites qui varient selon la fatigue, d’une routine présente mais pas toujours sécurisante.
Et ça peut parfois être très subtil.
Par exemple, certains soirs on lit une histoire… d’autres non. Parfois une seule… parfois trois.
Et tant que tout va bien et que l’enfant s’endort facilement malgré ces variations, il n’y a pas de problème.
Mais lorsqu’un enjeu de sommeil s’installe, c’est souvent tout le contraire.
Ce manque de prévisibilité peut venir affecter sérieusement le déroulement du coucher. L’enfant ne sait plus exactement à quoi s’attendre, ni à quel moment arrive la séparation.
👉 Et là, on voit apparaître :
- des négociations
- des protestations
- ou simplement un enfant qui n’arrive pas à se déposer, parce qu’il n’arrive pas à anticiper les étapes
Il y a aussi tout le rythme de sommeil de l’enfant qui entre en jeu.
Parfois, il est en dette de sommeil, par manque de sieste ou parce que le coucher est trop tardif combiné à un lever tôt. Dans d’autres cas, il y a eu trop de stimulation en soirée, sans assez de préparation au sommeil pour permettre une transition douce.
Et parfois, tout simplement, on n’est pas dans la bonne fenêtre d’endormissement. L’enfant est soit trop fatigué, soit pas encore assez, et dans les deux cas… ça complique l’endormissement.
On retrouve également toute la gestion autour du coucher : les prétextes, les rappels, les levés, les négociations qui s’installent doucement.
Et quelque chose de très important : les associations au sommeil.
Comment l’enfant s’endort, avec qui, dans quelles conditions… et son historique de sommeil.
Ce qu’il faut retenir
Si tu as l’impression que ton enfant est “un mélange de tout ça”… tu es probablement très près de la réalité.
Parce que dans la majorité des cas, ce n’est pas un seul facteur.
C’est un ensemble.
Et c’est exactement pour ça que certaines approches fonctionnent… puis cessent de fonctionner.
Par quoi commencer ?
Le meilleur point de départ, c’est souvent de faire sa propre petite analyse de la situation.
Pas pour tout décortiquer parfaitement… mais simplement pour mieux comprendre ce qui se passe chez vous, ici et maintenant.
Observe comment se déroulent vos soirées : sont-elles plutôt fluides et harmonieuses, ou plus tendues et imprévisibles ?
Regarde aussi comment ton autorité est vécue : est-elle globalement écoutée, ou souvent contestée, négociée ou répétée ?
Et du côté de ton enfant, prends un moment pour te demander ce qu’il est en train de vivre en ce moment. Est-ce qu’il traverse une période de nouveauté, de changements, de croissance rapide, ou même de petits enjeux de santé ou de développement ?
Bref, l’idée, c’est de faire un portrait global de ta famille et de ton enfant, sans jugement.
Ensuite, tu peux commencer à voir plus clairement ce qui pourrait être ajusté dès maintenant : parfois un petit changement dans la routine, la prévisibilité, ou la façon d’aborder le coucher peut déjà faire une vraie différence.
Avec l’expérience, je vois souvent des parents qui ont tendance à regarder le problème de façon assez étroite.
Résultat : ils testent des “trucs”, des stratégies isolées… et ont ensuite l’impression que ça ne fonctionne pas vraiment, ou que ça fonctionne un temps seulement.
Mais dans la majorité des cas, l’enjeu du sommeil est toujours plus large qu’il n’y paraît. Il y a plusieurs facteurs qui s’entrecroisent, et c’est leur ensemble qui maintient la difficulté dans le temps.
C’est pour ça qu’en coaching, on ne travaille pas un seul élément à la fois. On construit plutôt un plan de match global, qui tient compte de votre réalité familiale dans son ensemble.
Et c’est ce qui permet, le plus souvent, de retrouver plus rapidement une routine du dodo plus sereine… pour l’enfant comme pour les parents.
🔗 Pour aller plus loin
Si tu veux approfondir certains aspects abordés ici, voici deux articles qui peuvent t’aider selon les situations que tu vis à la maison :
👉 Mon enfant a peur de dormir : 5 stratégies pour l’apaiser
👉 Cododo : quand dormir avec son enfant aide… et quand ça coince
Retrouver des soirées plus simples et des nuits plus sereines
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Chaque famille est différente, et chaque enfant a son propre fonctionnement.
Et dans la vraie vie, quand le sommeil devient difficile, ce n’est pas parce que les parents “ne font pas les bonnes choses”… c’est plutôt parce qu’il devient difficile de voir clairement par où commencer et quoi ajuster en priorité.
C’est exactement ce qui fait qu’on essaie des “trucs” sans voir de résultats durables.
En coaching, on vient clarifier ta situation familiale, identifier les vrais facteurs en jeu, puis construire un plan de match concret et adapté à ton enfant et à votre quotidien.
👉 Tu repars avec une vision claire et des actions précises à mettre en place, étape par étape.
Toutes les consultations se font en ligne, accessibles partout dans la francophonie.
Jessica Rousseau
Éducatrice spécialisée et coach parental