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Comment réagir avec mon enfant qui me provoque?

Certains parents sont déconcertés d’être confrontés à un enfant qui leur répond, les insulte et les provoque. Avec raison! L’insolence et l’impolitesse d’un enfant sont inacceptables. Toutefois, même si ça semble évident qu’on doit y mettre un terme dès que ça se produit, comment peut-on le faire fermement sans pour autant tomber dans une lutte de pouvoir et briser la relation.

Je suis Jessica Rousseau, MamanÉducatrucs, Technicienne en éducation spécialisée et je te donne quelques pistes pour ton coffre à outils de Super-Parent.

Les « petites insolences » des tout-petits.

Vous avez dit à votre coco de 3 ans de ne pas tirer sur la lampe sur pied dans le salon et dès que vous tournez le dos, il tire dessus et la fait tomber.

Vous avez refusé à votre 4 ans de lui acheter le jouet qu’il convoitait au et il vous lance un « J’t’aime pu! T’es pas fine! ».

Oui! C’est dérangeant d’être défié, mais à cet âge, les enfants font toutes sortes de choses pour explorer, expérimenter et tester votre cadre.

La meilleure chose à faire est de ne pas trop s’enflammer, mais d’intervenir sans ambiguïté. On pourra user de différentes stratégies avec les tout-petits qui sont en apprentissages mais, on s’assurera de réitérer la règle, de la faire respecter et d’être conséquent, s’il y a lieu.

Avec les plus grands, une simple passade ou un réel problème?

Une simple passade.

Certes, l’insolence est un problème en soi. Cependant, si ce comportement est nouveau et qu’il ne ressemble pas à l’enfant que nous connaissons normalement, ce n’est peut-être qu’une simple passade. L’enfant cherche peut-être un peu plus à tester les limites et à valider s’il peut défier l’autorité. Il aura certainement besoin qu’on lui réponde en confirmant clairement notre cadre.

On peut aussi observer des changements de comportements quand, par exemple, l’enfant rentre à l’école ou fréquente de nouveaux amis. Il peut être témoin de certaines attitudes des plus grands ou côtoyer des amis un peu moins fréquentables. Il pourrait être tenter de les imiter et d’essayer à son tour ce qu’il observe. Il aura besoin qu’on soit ferme dans le maintien de nos règles et de nos valeurs familiales. Il sera bon de discuter avec lui des différentes valeurs éducatives qu’on peut observer d’une famille à l’autre et de parler de l’importance de bien choisir nos amis.

Parfois, c’est aussi un comportement qui exprime simplement des « émotions cachées » (il vit de la jalousie, il ressent de l’injustice, il cache une situation qui le bouleverse, etc.). Son arrogance ou son agressivité peut nous donner la puce à l’oreille que quelque chose ne va pas et qu’il serait bon de sonder le terrain. On parle! On nomme nos inquiétudes. On lui rappelle qu’on est là pour lui.

Lorsque l’insolence est un nouveau comportement chez notre enfant, il faudra bien sûre intervenir, mais comme parent, on devra aussi se dégager un peu de leurs mots qui blessent. Pas facile! Tentez de garder votre sang froid, car si l’enfant cherche à vous provoquer et qu’il observe que ça fonctionne…On tombe un peu dans le panneau et on lui donne du pouvoir sur nous. Sans accepter le comportement, on y mettra un « stop » ferme, puis on cherchera surtout à comprendre les motifs de son attitude.

Cherche-t-il à exprimer autre chose?

A-t-il moins d’attention ces derniers temps au sein de sa fratrie? Accordons-nous beaucoup de temps à son frère qui a de la difficulté à l’école et en revanche, on s’occupe moins de lui?

Est-ce qu’il a des amis? Vit-il de l’exclusion? Est-ce qu’il se fait fréquemment écœurer à l’école?

Est-ce qu’il est en garde-partagée? Comment se passe la relation avec l’autre parent? A-t-il un nouveau beau-père/belle-mère? Comment le nouveau partenaire se comporte-t-il avec lui?

Visionne-t-il des vidéos avec un langage inapproprié ou de la violence?

Bref, on creuse! Quelque chose explique ce changement de cap.

Un réel problème.

Mise à part une insolence passagère qui s’expliquera par un vécu situationnel chez l’enfant, il y aura aussi ces enfants pour qui la provocation a presque toujours été présente.

Même si l’exercice ne plaira pas aux parents, dans ce cas-là, il faudra faire un peu d’introspection.

Cette attitude chez notre enfant peut être le résultat de notre façon de gérer l’autorité et la discipline.

Est-ce que nous sommes TROP autoritaire?

Sommes-nous trop contrôlant?

Est-il possible qu’on intervienne trop, sur tout et tout le temps? L’enfant a-t-il toujours l’impression d’être repris et critiqué?

Sommes-nous toujours derrière lui pour le surveiller? L’enfant a-t-il la possibilité de faire des choix ou de réfléchir par lui-même?

Avons-nous trop d’attentes? L’enfant croit-il qu’il n’est jamais à la hauteur?

Est-ce qu’on le laisse expérimenter, apprendre de ses erreurs? Est-ce qu’on le surprotège?

Si votre enfant se sent coincé dans une boîte trop rigide, il cherchera, à un moment ou à un autre, à la percer pour se faire un peu d’air. Il a besoin de défier l’autorité pour gagner de la liberté et reprendre un peu de pouvoir.

Certes, l’autorité est essentielle, mais avoir une approche de style trop « militaire » étouffera l’enfant. Sans abolir nos règles, il faut trouver un équilibre entre encadré et laissé vivre.

De plus, lorsqu’on veut trop contrôler, on a tendance à négliger l’aspect relationnel. Il est très important d’établir avec notre enfant une relation de confiance, développer une bonne communication, insuffler un sentiment de valorisation, encourager la réflexion et l’autonomie, etc.

Alors, s’il nous parle mal, est-ce parce qu’on est trop dans le contrôle?

Est-ce que nous n’avons PAS ASSEZ de règles?

Sommes-nous trop « lousses »?

Manquons-nous de cohérence, de constance? Est-ce qu’on intervient selon notre humeur?

Est-ce que notre enfant arrive à définir nos règles et nos limites?

Laissons-nous croire à notre enfant qu’il détient le pouvoir absolue?

Utilisons-nous le chantage ou le marchandage pour le faire obéir?

Fermons-nous les yeux quand il manque de respect?

Est-ce qu’on évite de le réprimander par peur d’une crise?

L’enfant qui manque de règles et d’encadrement a besoin plus que jamais d’avoir ce cadre bienfaiteur pour lui montrer le chemin. Contrairement à l’enfant dont sa boîte est trop rigide, l’enfant qui manque de règles se développe dans une boîte trop fragile. Il cherchera à la tester, à l’éprouver afin de vérifier si elle tiendra le coup. Est-il en sécurité? Est-ce que sa boîte peut le supporter, le protéger et le guider?

Lorsqu’on est « trop lousse », inconstant voir même incohérent, l’enfant ne sait pas ce qu’il doit respecter, quoi suivre et comment. Il doit pouvoir avoir confiance en l’autorité. « Si j’agis ainsi, je peux prévoir ce qui se passera. » L’autorité est constante. « Je peux me sentir en sécurité, car la carte que m’offre mes parents est claire. Je sais où et comment je dois cheminer. »

En bref, il faut être assez fermes dans nos règles et nos façons courantes de réagir, mais il faut aussi être assez souples pour s’ajuster et laisser notre enfant grandir.

Comment réagir avec l’insolence?

On ne laisse pas passer.

S’il est impoli ou vous provoque, on intervient en ramenant la règle et la valeur qui y est rattachée. « Je n’accepte pas que tu me parles comme ça. C’est impoli. Dans cette maison, on se respecte. Tu me parles poliment et je t’écouterai. »

On l’écoute!

Si vous avez l’impression qu’il ne vous écoute pas, il faut aussi l’écouter. Parlez avec lui et ayez aussi des échanges positifs. On ne se parle pas seulement quand ça va mal. Si on ne lui parle que pour lui dicter sa conduite ou le critiqué, il n’y a pas de source de plaisir. Difficile de respecter quelqu’un si on n’a pas le sentiment d’être respecté.

Laissez-le s’affirmer, mais montrez-lui la voie.

« Tu as le droit d’être en désaccord. Tu as le droit d’être frustré, mais dis-moi le poliment. » La règle restera peut-être la même, mais on aura l’occasion de nuancer et de s’expliquer.

Constance!

Une journée vous laissez passer son geste et un autre jour, vous le punissez. On doit être un adulte fiable. Si par une journée d’hiver très froide, votre voiture démarre et l’autre non, vous n’aurez plus confiance. Vous vivrez probablement du stress, anticiperez les évènements et enchaînerez les bêtises en étant trop sous tension. On choisit donc les quelques règles et valeurs qui nous tiennent à cœur et on les fait respecter en tout temps.

Faites preuve d’un peu de transparence!

On oublie souvent que même s’ils sont petits, ils comprennent bien des choses. Alors, parlez-vous! Expliquez-vous. Selon son âge, on s’adapte. Il vaut mieux privilégier ce genre de discussion à un bon moment. On opte pour un tête-à-tête lors d’un échange privé et positif plutôt qu’au moment même du comportement reproché.

« Quand tu me parles ainsi, ça me fait de la peine. Je t’aime et ça m’inquiète. Nous avons des règles et des valeurs dans notre famille. Le respect n’est pas un choix. Je suis là pour toi, mais je n’accepte pas que tu me parles ainsi. Je ne le tolérerai jamais. Si tu veux que je t’écoute et que je t’aide, tu dois être respectueux. Autrement, on risque de se chicaner et de subir des conséquences désagréables. »

Mon mot de la fin!

Rappelons-nous que notre enfant transgressera nos règles pour différentes raisons. Ça fait partie de la « game »! Ce n’est pas forcément un réel problème sauf si ça perdure. On devra être de bon observateur pour cerner la source du problème. Malgré les raisons qui expliqueront le comportement de l’enfant, c’est la responsabilité des adultes de mettre en place un cadre claire et constant tout en trouvant un équilibre. Portons attention à notre relation. On devrait se comporter comme un guide bienveillant sans pour autant négliger notre rôle d’autorité. Soyons soucieux de ne pas embarquer dans une lutte de pouvoir avec notre enfant, car ce cycle pourrait devenir très difficile à briser. Soyons à l’écoute et assurons-nous que les bons éléments de notre éducation sont mis en place pour se faire « écouter » à notre tour.

 

 

Jessica Rousseau, MamanÉducatrucs xx



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