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Gérer les crises chez l’enfant : comprendre et désamorcer 3 types de crises

Sommaire

  1. Introduction : comprendre les crises chez l’enfant
  2. Débriefing des crises : trois grandes catégories
  3. La crise de décharge : le trop-plein émotionnel
  4. L’enfant en perte de contrôle : la détresse immédiate
  5. L’ado en prise de contrôle : la rébellion
  6. Retour après-coup : réparer la relation
  7. Points clés pour désamorcer toute crise
  8. Conclusion : transformer les crises en lien

 

 

Introduction : comprendre les crises chez l’enfant

Ah, les crises… ces moments où tout semble partir en vrille : votre enfant hurle, pleure, se jette par terre ou menace de tout renverser. Évidemment, disons-le, le timing n’est pas toujours bon et vous n’avez ni toujours l’énergie ni la patience pour la gérer. Puis, parfois, quand c’est récurrent, vous anticipez la prochaine fois ou, le prochain matin, le prochain dodo, le prochain retour à la maison, le prochain « non » … Alors oui, malgré tout l’amour du monde, vous êtes parfois tanné, fatigué et…dépassé.

Et pourtant, ces crises, même si elles semblent illogiques, elles se comprennent et s’expliquent.

Je suis Jessica Rousseau, Éducatrice spécialisée et coach parentale. J’accompagne en téléconsultation les parents qui veulent apaiser le climat familial et résoudre des enjeux de comportement ou de sommeil avec leurs enfants. Dans cet article, nous verrons les 3 types de crises les plus fréquentes et l’approche globale à adopter pour l’apaiser.

Débriefing des crises : trois grandes catégories

Toutes les crises ne se ressemblent pas et ne se gèrent pas de la même façon. Comprendre pourquoi votre enfant fait une crise est la première étape pour l’accompagner efficacement.

Et si je vous disais qu’il existe trois types de crises facilement reconnaissables ? Oui, c’est vrai ! En adaptant votre approche au type de crise, vous pouvez les désamorcer bien plus facilement. C’est la bonne nouvelle : avec un peu de compréhension, quelques stratégies et un peu de pratique, vous pouvez vraiment aider votre enfant à retrouver le calme.

Mais nuance : il n’existe pas de formule magique à appliquer à tous les enfants. Chaque enfant est unique : son tempérament, sa sensibilité, son vécu… ce qui fonctionne pour l’un ne fonctionne pas forcément pour l’autre, ou pas de la même façon.

Et le contexte compte aussi : retour de garderie, souper en retard, vacances, événements marquants… Tout peut influencer l’intensité de la crise et la manière dont il faut intervenir. Donc oui, il y a des clés, mais elles demandent toujours un peu d’ajustement.

Rassurez-vous : personne ne naît expert en gestion de crise. C’est un mélange d’instinct, de nuances et de pratique. Et parfois, un petit coup de pouce d’un coach ou d’un intervenant peut vraiment aider à trouver ce qui fonctionne pour votre famille.

 

Les trois types de crises

En consultation, j’explique toujours que les crises se classent en trois types principaux :

  1. La crise de décharge (trop-plein)
  2. La crise de perte de contrôle
  3. La crise de prise de contrôle

Attention : un enfant peut passer d’un type de crise à un autre au cours d’un même épisode. C’est pourquoi il est important de rester attentif et d’ajuster notre intervention, même si on a l’impression que c’est « la même crise ».

1. Crise de décharge : le trop-plein émotionnel

 

La crise de décharge survient quand l’enfant vit une surcharge émotionnelle ou nerveuse : trop de stimulations, une accumulation d’émotions ou de petites contrariétés, une grosse journée… bref, le verre finit par déborder.

Ici, il est important de comprendre que ce n’est pas forcément parce que l’enfant a vécu une « mauvaise » journée ou un événement grave. C’est plutôt l’effet de sa journée sur son corps et son système nerveux.

Un peu comme vous après une journée de travail avec une charge mentale qui vous pèse. L’enfant aussi accumule sa charge… et la façon la plus naturelle de s’en libérer, c’est de la laisser sortir.

Quand survient-elle le plus souvent ?

  • Fin de garderie ou école

  • Après une activité intense ( ex: fête d’amis, activité spéciale le week-end, un cours qui demande énergie ou concentration, trop d’écrans par rapport à la tolérance de l’enfant, etc. )

  • En fin de journée, quand l’enfant est fatigué

💡 À retenir : l’enfant peut avoir passé une excellente journée, mais être à bout.

Comment intervenir

Ici, je vous mets en garde. L’erreur la plus fréquente face à une crise de trop-plein est de vouloir comprendre sur le moment : poser trop de questions, analyser, proposer mille solutions pour que l’enfant se calme…
Et c’est justement là que ça coince. Son verre est déjà plein.

Pendant que vous l’interrogez ou multipliez les propositions, vous ajoutez encore de la stimulation. Résultat : l’enfant devient de plus en plus confus, de plus en plus débordé… et la crise s’intensifie.

Alors, le mot d’ordre est simple : moins vous en faites, moins vous parlez, mieux c’est.

Concrètement, que faire ?
Rester le plus calme, silencieux et accueillant possible. Se mettre à sa hauteur, ouvrir les bras et lui permettre de libérer son trop-plein.
Soit en le laissant parler — même si ses paroles sont décousues ou vous semblent illogiques — soit simplement en le laissant pleurer dans vos bras.

Utilisez seulement quelques mots très courts et empathiques, juste assez pour qu’il se sente accueilli, compris et en sécurité. En agissant ainsi, vous l’aidez à vider son « verre d’eau »… et c’est exactement ce dont il a besoin.

Pas de solutions, pas de trucs.

Juste un espace empathique pour laisser sortir ce qui déborde. Ensuite, l’enfant se sent libéré, apaisé.

Et surtout, ce type de crise, lorsqu’il est accueilli de cette façon, est très puissant pour la relation parent-enfant. Il y a un accueil sincère qui rapproche, et un message clair envoyé à votre enfant : je suis là pour toi.

À ses yeux, cela fait de vous un parent fiable. Un véritable pilier sur qui compter.

💡 À retenir:

  • Ne rien ajouter : éviter les questions et confrontations
  • Présence bienveillante
  • Petites phrases empathiques : « Ouf… quelle grosse journée ! », « Je vois que tu as beaucoup d’émotions coincées… »
  • Câlin selon la tolérance de l’enfant

Ne pas tout accepter

Si l’enfant frappe, insulte ou se met en danger, il est essentiel de poser une limite claire et calme :

« Stop. Je veux te consoler, mais je n’accepte pas les coups. »

Puis, dès que possible, revenir à l’empathie et à la présence.

Selon les comportements de votre enfant, il faut parfois jongler entre mettre des limites et offrir du soutien. À ce niveau de subtilité, il y a beaucoup de cas par cas. C’est souvent dans ce travail fin, personnalisé, qu’un accompagnement avec un coach parental peut vraiment faire la différence.

Attention : la fessée et les punitions corporelles (secouer, gifler, taper, pincer) ne sont pas sans conséquences. Elles peuvent nuire au développement psychologique et social de l’enfant.

Et comme parent, si vous sentez que la pression monte et que vous êtes sur le point d’exploser ou d’utiliser la force, il est préférable de prendre une pause. Vous pouvez le nommer simplement à votre enfant :

« J’ai besoin d’une minute pour retrouver mon calme moi aussi. Je reviens te voir après. »

Prendre soin de votre propre régulation, c’est aussi prendre soin de votre enfant.

2.Crise de perte de contrôle : détresse immédiate

Cette crise est bien différente de la précédente. Alors que la crise de décharge n’a pas de déclencheur précis — c’est plutôt l’effet cumulatif de petites choses — la crise de perte de contrôle est directement liée à un événement précis. Généralement, il s’agit d’une frustration liée à une limite ou un « non ».

Par exemple :

  • « Non » pour un biscuit

  • « Non » pour qu’il s’attache seul dans la voiture

  • « Non » pour aller à la garderie en pyjama

  • « Non » pour retourner jouer dehors avant le dodo

Autrement dit, la réaction de l’enfant surgit suite à un événement soudain, souvent imprévisible, qui déclenche une émotion forte et immédiate… et donc la crise, presque instantanément.

💡 Bonne nouvelle ! Ce n’est pas toujours si rapide ni si intense si on sait neutraliser la crise avant qu’elle n’escalade. Nous allons voir comment 😉

 

Comment la reconnaître

Souvent accompagnée de :

  • Pleurs, cris, colère, frustration

  • Supplications, plaintes

    *Mais sans manipulation ni intimidation. L’enfant vit simplement un drame” à son niveau 😏.

 

Comment intervenir

Rappelez-vous : lors de la crise de trop-plein, l’erreur la plus fréquente était de trop questionner ou essayer de tout résoudre.

Ici, l’erreur qui envenime la crise est de raisonner l’émotion : expliquer longuement pourquoi c’est « non », répéter « non, non, non », tenter de justifier chaque règle. Même si vos intentions sont bonnes, rien dans la logique ne fonctionne, parce qu’il vit une émotion, pas un raisonnement.

 

*Le mot d’ordre : poser la limite, puis lâcher prise

Une fois que vous avez dit « non » ou posé la consigne :

  • Arrêtez de répéter

  • L’enfant pleure et se plaint parce qu’il a entendu et compris le « non ». Répéter ne fait qu’enfoncer le clou et empirer la situation.

⚠️ On ne va pas céder ! Mais on peut l’aider à traverser sa frustration sans accentuer le conflit.

 

Ce que vous pouvez faire

  • Arrêter de répéter « non »

  • Montrer que vous comprenez :

    • « Je vois que tu es déçu »

    • « Je comprends que tu aurais préféré y aller tout de suite »

  • Répéter plusieurs fois ces réponses courtes et empathiques, sans justifications ni répétitions du « non »

  • Offrir du réconfort en reconnaissant son émotion :

    • « Je comprends ta peine, je peux te consoler… câlin ? »

  • Donner un point de repère si possible :

    • « Pas de biscuit maintenant, mais tu pourras en avoir à la collation cet après-midi »

 

3. Crise de prise de contrôle : rébellion et limites testées

Ce dernier type de crise apparaît généralement vers 6 ans et plus, lorsque l’enfant a un cerveau plus mature qui lui permet d’anticiper et de tester les limites…
(Et non, votre enfant de 2 ans ne fait pas encore ce type de crise, même si ça peut y ressembler.)

Lors de la prise de contrôle, l’enfant proteste, revendique et cherche à vous convaincre dans un esprit de rébellion pour obtenir quelque chose.
Votre tout-petit quant à lui, vit un drame émotionnel, sans logique : ce n’est ni prémédité, ni calculé, et il ne réfléchira pas ensuite à des stratégies pour vous manipuler ou se venger.

Ce type de crise est typique chez les enfants plus âgés, préados et ados. Elle peut s’accompagner d’insultes, de gestes provocateurs et d’un challenge de vos limites. S’il connaît vos fragilités émotionnelles, il pourrait essayer de s’en servir pour vous pousser dans vos retranchements 😅.

 

Comment intervenir

  • Reconnaître l’émotion mais rester ferme

    • « Ma réponse ne te plaît pas, je comprends, mais pas de coups ici, c’est interdit. »

    • « Ma décision te déçoit, je comprends, mais STOP, pas d’impolitesse. On pourra en discuter sur un autre ton quand tu seras prêt. »

    • « Je vois que tu n’es pas content, et je comprends, à ton âge moi aussi ça me dérangeait parfois. Mais frapper dans le mur ou me crier des bêtises ne changera pas la situation. Décante, puis on en reparlera après. »

  • Être non négociable, même face à l’intimidation ou les rouspétances

  • Garder la discussion pour après que la crise soit retombée

  • Prévoir des conséquences si nécessaire

    • Si le manque de respect est sérieux, il peut y avoir des conséquences adaptées : retrait de privilège, réparation, etc.

 

Objectif

L’objectif n’est pas de “gagner” contre votre enfant, mais de maintenir le cadre tout en reconnaissant ses émotions.
Vous lui apprenez ainsi :

  • Les limites

  • Le respect

  • Les règles

  • Vos valeurs

 

Retour après-coup : réparer la relation après une crise

Après une situations de crise — et surtout celle de prise de contrôle — un retour est parfois nécessaire.

Le timing :
Il n’existe pas de règle stricte pour le moment idéal. Il faut choisir le bon timing selon l’âge et la situation :

  • Chez les plus jeunes, le retour se fait souvent immédiatement après la crise, ou quelques minutes plus tard.

  • Chez les ados, il peut se faire en deux temps : un retour bref peu après la crise (surtout si des conséquences doivent être annoncées), puis un retour plus complet le lendemain ou dans les jours suivants, selon le contexte et l’enfant.

Certaines crises, comme celles de décharge, nécessitent rarement un retour. Pour les crises de perte de contrôle, c’est souvent une question de jugement — parfois oui, parfois non.

Dans tous les cas, la bienveillance doit guider vos intentions.

L’objectif : revenir dans la relation avec votre enfant.

  • Se rappeler qu’on s’aime

  • Valider son vécu

  • Clarifier les règles ou limites, si nécessaire

Et lorsque des consignes ou conséquences sont appliquées, rappelez-vous que votre enfant a l’occasion d’apprendre pour la prochaine fois… et pour la vie.

 

Points clés pour désamorcer toute crise

  • Connaître votre enfant : tempérament, vécu, sensibilité, capacités
  • Lire le contexte : décharge, frustration soudaine, rébellion
  • Adapter l’intervention selon le type de crise
  • Présence et empathie : parfois moins, parfois plus
  • Maintenir les limites avec fermeté

 

 

Conclusion : transformer les crises en lien

 

Comprendre le type de crise et ajuster son intervention selon l’enfant et le contexte fait toute la différence.

Chaque crise est une occasion d’apprendre, de renforcer votre relation et d’enseigner la gestion des émotions. Avec patience, empathie et cohérence, vous transformerez ces moments difficiles en occasions d’accompagnement et de lien.

 

💡 Consulter en coaching parental

 

Lorsque le climat devient tendu, que vous perdez du plaisir à être parent et que la fatigue et les tensions s’installent, c’est le signe qu’il est temps de consulter. En coaching parental, vous êtes accueillis sans jugement.  La marche à suivre est simple: vous partagez vos enjeux et nous apportons les ajustements qu’il vous faut pour apaiser la situation, en plus de vous outiller.

📅 Vous pouvez réserver une première téléconsultation en coaching parental en cliquant ici.

Jessica Rousseau, Coach parental, aussi créatrice du Défi Sans cris 21 jours