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Mon enfant me frappe : Quoi faire?

Comme parent, ça peut être difficile de garder notre calme lorsque notre enfant nous tape ou frappe un autre enfant. Certes, ça ne fait certainement pas partie de nos valeurs!

Sans banaliser le geste, comprenez quand même que la plupart des enfants traverseront des périodes durant lesquelles ils taperont occasionnellement, surtout avant l’âge de 3 ans. À ce stade, leur cerveau réagit par instinct. Il ne s’arrête pas pour raisonner. Autrement dit, ils agissent avant de réfléchir!

Mais, même s’il ne nous a pas fait mal et que l’enfant est encore petit, on ne doit pas accepter son geste. Alors quoi faire pour traverser cette période?

Je suis Jessica Rousseau, MamanÉducatrucs, Technicienne en éducation spécialisée et je te donne quelques pistes pour ton coffre à outils de Super-Parent.

Pour quelles raisons, mon enfant frappe?

Observez bien votre enfant, le contexte et son environnement lorsqu’il est sur le point de taper ou lorsqu’il frappe. Plusieurs facteurs peuvent expliquer son geste. En l’observant, vous pourriez repérer des solutions concrètes afin d’intervenir avant que le geste n’arrive!

Quelques situations courantes chez les tout-petits qui frappent.

  • Il réagit à une frustration qu’il vit. Il n’a pas encore assez d’autocontrôle, de mots ou de solutions pour régler son « problème ». Par exemple, il réagit car vous lui avez dit : « non », imposé une limite, retiré un objet ou mis fin à une activité.
  • Il a peur qu’on lui vole son jouet. Il se sent menacé par ses pairs ou sa fratrie et veut protéger ses « possessions » et son territoire.
  • Il convoite quelque chose qu’un autre possède ou qui lui est refusé.
  • Il recherche de l’attention. Il s’ennuie, il est jaloux ou il manque réellement d’attention.
  • Il a un tempérament plus « sanguin » et il réagit fortement, même de manière générale.
  • Il a besoin de combler des besoins primaires (sommeil, manger, boire, etc.). Il est plus irritable et plus vulnérable.
  • Il teste les limites. Il a besoin qu’on lui désigne le cadre à respecter. Il cherche à valider ce qui se passera lorsqu’il adopte certains comportements. Il explore quels sont les interdits et les conséquences.
  • Il cherche à s’opposer pour exprimer son désaccord ou il cherche à briser le cadre, parfois trop rigide à la maison. Il manque de liberté ou d’autonomie.

Petite ou grosse tape, il faut réagir.

Le respect commence dans notre maison au sein de la famille. Quand bien même que ce ne sera qu’une petite tape, on interviendra.

Si votre enfant comprend déjà des consignes simples comme « Non, ne touche pas, c’est chaud. » ou « Assis-toi, tu vas tomber. », c’est qu’il peut comprendre les limites qu’on lui impose.

Ensuite, en fonction des motifs qui se cachent derrière le comportement de l’enfant qui frappe, on ciblera des stratégies à mettre en place pour prévenir les coups et mieux outiller notre enfant.

Par exemple, s’il réagit parce qu’un nouveau-né est arrivé et qu’il recherche de l’attention, on trouvera des moments privilégiés à lui accorder et une façon positive de l’impliquer.

Par exemple, s’il vous tape parce qu’il veut se dégager de vous quand vous lui tenez la main au magasin, vous pourriez lui donnez la liberté de tenir le panier à la place de votre main ou encore de l’impliquer différemment en lui attribuant une responsabilité comme de tenir la liste des provisions.

Quoi faire quand mon enfant frappe?

Réagissez immédiatement.

Ne laissez pas passer en vous disant que c’est juste une petite tape. Cependant, n’oubliez pas de vous adapter au contexte. S’il ne faut pas banaliser, il faudra parfois modérer notre intervention en tenant compte de l’âge de l’enfant.

À 2 ans, un enfant qui tape parce qu’il s’est fait retirer un objet de la main obtiendra rapidement une limite claire de la part de l’adulte, puis on déviera peut-être son attention vers autre chose, par exemple.

Par contre, si à 7 ans, un enfant tape parce qu’il se fait retirer la manette de la télévision, on ne réagira pas de la même façon qu’avec un petit enfant. Il y aura probablement une conséquence en lien avec son geste et son manque de respect. Ainsi, nous devons tenir compte de la maturité de l’enfant.

Montrez-lui une meilleure façon de faire.

Ainsi, en plus de décoder les comportements qui expliquent les tapes, pensez employer d’autres habitudes préventives qui l’aideront à mieux se préparer aux événements et à mieux tolérer les potentielles frustrations.

Par exemple, le prévenir d’une transition à venir, le prévenir aussi que certains jouets sont interdits et lui montrer ceux qu’ils sont permis, lui apprendre les bonnes façons de résoudre des conflits comme par l’échange ou par un tour de rôle, lui enseigner des moyens pour se calmer, lui offrir des moments d’attention positive, mettre les règles au clair avant d’entrer dans un magasin, etc.

Soyez ferme, mais calme.

Si votre enfant a du mal à contrôler ses émotions, montrez-lui que vous gérez les vôtres. Ne vous mettez pas à crier, ne le tapez pas et ne l’agrippez pas fortement par les bras, mais employez un ton et une posture ferme. C’est une règle non-négociable.

S’il le faut, selon l’intensité des gestes, vous pourriez le prendre et le placer dans un lieu calme pour imposer un arrêt d’agir. Si l’enfant est plus vieux, il vaut mieux ne pas le prendre et simplement vous éloigner. Assurez-vous de la sécurité des lieux s’il s’agit d’une crise violente.

Le mot d’ordre : ferme, mais en contrôle de vos moyens. Évitez de déraper vous-même. Vous êtes le modèle.

Imposer la limite.

Placez-vous à sa hauteur et regardez-le. Dites-lui clairement, par exemple : « Il est interdit de taper. Je n’accepte pas que tu me frappes. »

* S’il vous suit pour vous taper, écartez-vous. Continuez ainsi en reculant, tant qu’il insiste. Imposez une distance entre lui et vous, puis poursuivez votre intervention en restant à sa hauteur. Rapprochez-vous ou laissez-le venir à vous s’il n’a plus l’intention de taper.

Nommez l’émotion.

En reconnaissant rapidement son émotion, votre enfant sera plus calme et plus disponible pour la suite de votre intervention. « Tu es fâché? Tu es déçu? »

Discutez du vraie « bobo ».

Si on ne négocie pas la règle, on discute de ce qui se passe. « Tu t’ennuies parce que je m’occupe de ton petit frère…? » Ciblez le « bobo » et proposez une alternative. « Tu voudrais t’asseoir près de moi pendant que je le nourris? Je pourrais te lire ton histoire? ».

Mettez en place des solutions de rechanges.

N’oubliez pas de cibler avec lui les motifs de sa peine/frustration et offrez-lui des solutions de rechanges pour une prochaine fois.

Par exemple, s’il a tapé un ami pour lui arracher le jouet qu’il convoitait, montrez-lui à demander son tour ou à proposer un échange plutôt que de taper. Les prochaines fois, soyez aux aguets et accompagnez-le pour qu’il applique ses solutions de rechanges avant qu’il ne perde patience. Ainsi, vous l’aiderez à mettre en pratique de meilleurs moyens et petit à petit, il y aura recours par lui-même.

Consolez-le.

Si vous avez dû le placer en retrait, s’il a pleuré assez intensément ou s’il a ressenti que vous preniez vos distances, il est fort probable que votre enfant ressente le besoin de faire la paix et de trouver du réconfort auprès de vous. N’hésitez pas à le prendre dans vos bras et à le consoler. Les câlins sont très bénéfiques. Rapprochez-vous de lui et reconnectez-vous affectueusement. Profitez-en pour nommer qu’il a maintenant de la peine et boucler la boucle avec douceur.

Je ne dirai jamais assez à quel point on peut résoudre une tonne de difficultés en se montrant accueillant et affectueux. Un enfant en colère ou un enfant qui vit une forte peine s’apaisera beaucoup plus rapidement avec de l’amour.

Quand il sera plus disposé à écouter, vous aurez de meilleurs cartes dans votre jeu pour faire un retour et donner un sens à votre intervention.

Félicitez-le quand il se contrôle.

Lorsqu’il se maîtrise, qu’il réussit à nommer ses émotions, à dire « arrête » à l’autre avec des mots plutôt qu’avec des gestes brusques ou encore à appliquer des solutions de rechange, dites-le-lui. Soulignez ses efforts et sa bonne conduite. Vous l’encouragerez à répéter ses bons comportements.

Soyez conséquent.

Il se peut que vous deviez imposer une conséquence. On tiendra compte du contexte et de l’âge de l’enfant. La conséquence n’est pas toujours à propos. Il s’agit parfois de seulement nommer la règle et de demander un geste de réparation. Si la conséquence serait de mise dû à la nature du geste et l’âge de l’enfant, ciblez une conséquence en lien avec le geste. Ainsi, être privé de dessert le soir n’a aucun lien. Cependant, être retiré brièvement de l’activité en cours dû à son manque de respect envers les autres est une conséquence plus adaptée.

* N’employez pas le retrait systématiquement, adaptez-vous à chaque situation.

* Le retrait n’enseigne rien, mais ce que nous faisons pour lui pendant ce dit retrait pourrait lui permettre d’en retirer des bienfaits.

* Punir pour punir a très peu de valeur, quoi que certains en penseront.

Observez votre environnement pour mieux prévenir.

Un enfant peut traverser une période passagère durant laquelle il maîtrisera mal ses émotions et tapera de manière occasionnelle. Cependant, dans certains cas, il faudra se poser davantage de questions. Vous connaissez votre enfant. Suivez votre intuition.

Est-ce qu’il est témoin ou victime de violence à la maison ou ailleurs (exposé à des jeux vidéo et films violents, témoin de batailles fréquentes au sein de la fratrie, côtoie un ami qui tape à la garderie, est victime d’intimidation à l’école, etc.) ?

Y-a-t-il des changements dans sa vie qui peuvent le bouleverser et affecter son comportement (anxiété, séparation des parents, personne chère malade, deuil, troubles de sommeil, changement d’école/garderie, déménagement, stress, inquiétudes, peurs, etc.) ?

Mon mot de la fin!

Si nous prenons cela au sérieux, ce n’est que dans certains cas que le problème persistera et révèlera un problème plus profond. Autrement, avant l’âge de 3 ans, on ne panique pas en courant chez le psychologue! C’est généralement une période passagère et l’enfant, avec votre aide, apprendra à mieux gérer ses émotions et appliquer de meilleurs moyens pour résoudre ses problèmes.

Cependant, suivez aussi votre instinct de parent ainsi que les recommandations des éducateurs/professeurs de votre enfant. Quand quelque chose « cloche », on le ressent et on l’observe. Si l’enfant est particulièrement agressif et même dangereux, consultez. Dans ce cas, votre médecin de famille demeurera une excellente porte d’entrée pour ensuite cibler le professionnel qui vous aidera le mieux.

Jessica Rousseau, MamanÉducatrucs xx



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