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Il dit non à tout.

On le sait, à 2 ans, si la phase du non est typique, cette étape est aussi saine et essentielle pour le bon développement de l’enfant. Oui, on le comprend! Mais, maintenant qu’il a 5 ans, 8 ans et même 10 ans, il dit encore non à tout. Matin et soir, c’est la bagarre des consignes. Énergivore, n’est-ce pas?

Je suis Jessica Rousseau, MamanÉducatrucs, Technicienne en éducation spécialisée et je te donne quelques pistes pour ton coffre à outils de Super-Parent.

Le piquant des « NON ».

À force d’utiliser les « non », ils perdent leur effet piquant. Économisez-les!

Lorsque le « non » devient une expression courante ou s’il veut plutôt dire « peut-être », l’effet recherché du « non » n’a plus le même impact.

Vos trucs de formulations

Le « non » de nos enfants. S’ils s’affirment, avouons aussi qu’ils répètent…après nous!

« Non, ne touche pas à ça. »

« Non, viens par ici. »

« Non, donne à maman. »

« Non, descend, tu vas tomber. »

On l’utilise à toutes les sauces! Alors, eux aussi y vont de bon train.

Effacez les « non » superflues de votre vocabulaire.

« Ne touche pas. »

« Viens par ici. »

« Donne à maman. »

« Descend, tu vas tomber. »

Encore mieux, lui dire plutôt ce qu’il doit ou peut faire.

« Prend plutôt ton jouet. Tiens, le voilà. »

« Donne-moi la main », en prenant sa main. 

« Range-le dans le panier. Ici…Merci. »

« Marche sur le trottoir. Là… », en le raccompagnant sur le trottoir. 

Remplacez les non par une autre expression.

« Stop! »

« Wooo… »

« Arrête. »

Transformez votre « non » en « oui »!

Un non qui dit oui? Oui!

On fera plutôt usage de formulations telles que :

« Oui, après ta routine, tu auras du temps pour terminer tes blocs. »

« Oui, demain, tu pourras revenir. »

« Oui, après tes leçons, tu continueras ton jeu. »

« Oui, tantôt, tu auras une autre collation. »

« Oui, Samedi, nous reviendrons jouer au parc. »

Arrêtez de parler! Il est temps d’agir.

Avec les enfants, un moment donné, parler ne leur parle plus! Conservez un peu de salive et passez à l’action.

Il faut aller les chercher, les prendre dans nos bras, les prendre par la main, leur enlever l’objet des mains, les mettre devant la tâche à faire.

En redirigeant votre enfant, vous ne le forcez pas à vous obéir, mais vous déclenchez l’action en le guidant.

« Tiens, met la table s’il-te-plaît » en lui sortant les napperons.

« Voici tes vêtements à ranger » en lui déposant la pile dans les bras.

Affirmez votre consigne plutôt que de toujours passer par une question.

« Veux-tu venir à la table pour souper? » se remplace par « Viens t’asseoir, c’est le moment de manger. »

« Veux-tu m’aider à ranger tes vêtements? » se remplace par « Aide-moi à ranger tes vêtements s’il-te-plaît. »

Si vous voulez réduire leurs « non », offrez-leur moins de possibilités de vous en donner.

Limitez les choix sans les empêcher de réfléchir.

Si on veut les consulter et les encourager à prendre de bonnes décisions, laissez-leur des choix tout en les encadrant.

« Maman, j’ai faim. Est-ce que je peux prendre une petite collation? »

« Oui, quelque chose de bon pour toi. Que me proposes-tu? »

Pour les plus petits :

« Un fruit ou un légume? » ou encore « Une banane ou une pomme? »

Interrogez avant de répondre.

Amenez-le à réfléchir. En le faisant raisonner, s’il y a lieu, le « non » viendra de lui. Autrement dit, on l’implique dans le processus de décision et on l’amène à trouver lui-même les justifications expliquant un refus ou une objection.

Cette semaine, vous avez reçu plusieurs commentaires négatifs à l’agenda de votre enfant. À la fin de la semaine, votre enfant vous demande s’il peut obtenir son privilège de bon comportement à l’école. Plutôt que de lui répondre carrément non et de lui dire pourquoi, questionnez-le.

Comment gagnes-tu ton privilège?

Selon toi, cette semaine, peux-tu obtenir ton activité? Pour quelles raisons?

Allez à la conquête du « oui ».

Encore une fois, faites-le réfléchir en générant un « oui » qui l’amènera à tirer ses propres conclusions.

« Es-tu d’accord que la règle du couvre-feu est de rentrer à la maison pour 19h? »

« Est-ce que lorsque tu ne respectes pas la règle du couvre-feu, il y a une conséquence? »

« Alors, maintenant, dis-moi, as-tu la permission de sortir, ce soir ? »

Employez la conséquence BOOMERANG.

On le sait, la conséquence naturelle d’un comportement s’impose souvent d’elle-même.

Comme parent, sans toujours vouloir les protéger, il faut aussi les laisser assumer l’effet de leur comportement. Nos actes ont des conséquences, parfois positives, parfois négatives. Bien sûre, à chaque âge et à chaque contexte, on fait usage de notre gros bon sens!

Autrement dit, si ton enfant de 10 ans refuse de faire ses devoirs, tu emploieras différentes stratégies. Vous mettrez les bouchées doubles pour que ce soit fait comme demandé. Mais, s’il s’agit toujours du même problème d’attitude et d’un refus à faire des efforts, bien, laissez-le assumer les conséquences prévues à l’école lors de devoirs non-faits.

Bien sûre, comme parent, ça ne veut pas dire de se défiler de nos responsabilités. Ça veut plutôt dire de ne pas vouloir lui éviter à tout prix les conséquences et de faire à sa place.

L’effet BOOMERANG, même avec les ados!

La conséquence de son comportement va lui revenir comme un boomerang, laissez-le l’expérimenter.

Ton enfant de 10, 12 ou même 15 ans, ne veut pas vider sa poche de sport quand il revient de son entraînement…

On pourrait penser à lui dire :

« Quand tu auras vidé ta poche de sport, tu viendras souper. »

Il arrive pour souper…

« As-tu vidé ta poche de sport? »

« Non. »

« Quand tu auras vidé ta poche de sport, tu viendras souper… »

On répète tel le perroquet.

On pourrait aussi lui dire :

« Soit tu laisses ta poche de sport traînée et ton équipement va puer la semaine prochaine, soit tu vides ta poche et je la laverai, cette semaine. »

On lui laisse un choix perdant et un choix gagnant.

Finalement, on pourrait aussi lui dire carrément :

« Ok. C’est ton choix. T’assumeras la suite. »

Et la semaine suivante, s’il arrive en panique pour faire laver son équipement:

« Désolé mon grand, tu as choisi de ne pas le faire quand c’était le temps. C’est aujourd’hui ton entraînement et là, je ne fais pas ton lavage. »

Il ira à son entraînement avec son effet BOOMERANG. Il saura à quoi s’en tenir, la prochaine fois.

Bien sûre, on tient compte de la maturité de l’enfant, de son autonomie et des autres facteurs qui peuvent rendre une situation exceptionnelle versus une mauvaise habitude ou de l’entêtement. On ne néglige jamais la sécurité. Certaines situations nous permettent de les responsabiliser en les laissant assumer leur comportement et d’autres moins.

Baissez les armes!

Il faut savoir baisser les armes et mettre fin au combat. Parfois, la santé de votre relation en dépend. Il faut garder un canal de communication. Plus on lève les armes, plus la bataille s’envenime. Si tout devient une bagarre, coupez la discussion, changez de pièce, cessez de négocier, tenez-vous en à la consigne. Évitez de tomber dans les pièges de l’argumentation.

S’il faut savoir expliquer et donner un sens à nos règles, il faut aussi apprendre à limiter les explications et s’en tenir à la consigne.

La plus grande force de nos consignes est souvent de dire clairement les attentes, de les répéter et de maintenir nos décisions. Il doit savoir que ce que vous dites est vrai.

Les gains vs les pertes : un moteur de motivation.

En tout temps, lorsqu’on désire favoriser la coopération de l’enfant, il faut aussi s’assurer que les gains à collaborer sont plus intéressants que les pertes.

Évidemment, on veut éviter que l’enfant collabore uniquement pour gagner quelque chose en retour. Cependant, aménager votre routine et le déroulement des activités de manière à générer une motivation pour bien réaliser chaque étape est une stratégie qui demeure positive.

« Lorsque tu auras fait tes leçons avec des efforts et une bonne attitude, tu pourras avoir ta période de tablette. »

Cependant, si dans sa routine, il lui est permis d’avoir son temps de tablette avant les leçons, il se peut que vous perdiez votre levier de motivation.

Bien sûre, on ne parle pas ici de faire du chantage ou d’employer la menace, mais plutôt d’être stratégique.

De l’adaptation, oui, mais pas de magie.

Dans tous les cas, plusieurs adaptations de nos interventions peuvent favoriser la coopération et l’implication de l’enfant qui dit « non » à tout.

Est-ce que tout deviendra soudainement plus facile? Peut-être pas aussi vite que cela! Mais, à force d’appliquer de bonnes pratiques, des changements s’opéreront. Encore une fois, un changement ne se fait pas en claquant des doigts et chaque enfant aura des objectifs à la hauteur de ses besoins et de ses capacités.

Efforts, constance, cohésion et persévérance!

Jessica Rousseau, MamanÉducatrucs xx



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